Préservatifs sans latex :
minimiser les risques d’allergie

Ecrit par Paul Musset, Docteur en pharmacie | publié le

Préservatifs sans latex : minimiser les risques d’allergie

S’ils sont réussis, les rapports sexuels sont un moyen de consolider la relation. Pourtant, ces moments d’intimité peuvent se transformer en véritable cauchemar lorsqu’on souffre d’allergie aux préservatifs. Le coupable ? Le latex dans la plupart des cas. Heureusement, des alternatives existent.

Le latex, qu’est-ce que c’est ?

Le latex est une substance issue de la sève de l’Hevea brasiliensis, aussi appelé arbre à caoutchouc. La récolte du latex naturel est effectuée par le biais de saignées dans l’écorce de l’hévéa. On entaille de façon alternative un des deux côtés de l’arbre chaque année, et ce pendant onze ans. Les cultivateurs laissent ensuite l’arbre se reposer avant de pouvoir reprendre les récoltes. Il est également possible de créer du latex de façon synthétique par polymérisation.

Naturel ou pas, c’est avec le latex qu’on peut fabriquer des gants ménagers, des tétines de biberons, des ballons, des tapis de souris, des cordons de téléphones… mais également des préservatifs.

Il existe deux méthodes pour transformer la sève en produits du quotidien :

  • La coagulation, utilisée par exemple pour les pneus ou encore les semelles de chaussures ;
  • Le traitement avec des produits chimiques, méthode utilisée notamment pour les gants et les préservatifs.

Depuis quand le caoutchouc existe-t-il ?
C’est dans les années 1800 que l’industrie du caoutchouc voit le jour avec la vulcanisation, une technique permettant de donner au caoutchouc la forme souhaitée. Mais c’est véritablement durant la Seconde Guerre mondiale que cette industrie se développe, notamment pour la production de véhicules.

Comment apparaît l’allergie aux préservatifs en latex ?

Même lorsqu’il est entièrement naturel, le latex peut être source d’allergie chez certains. L’utilisation de préservatifs en latex peut dès lors s’avérer problématique.

Quand parle-t-on d’allergie au latex ?

L’allergie au latex touche entre 10 et 20 % de la population française. Elle est plus fréquente chez les personnes souvent exposées au latex. C’est notamment le cas du personnel soignant travaillant quotidiennement avec des gants constitués de ce matériau.

Elle se manifeste par divers symptômes propres aux autres types d’allergies, pouvant parfois aller jusqu’au choc anaphylactique. En réalité, la réaction du corps est liée à la protéine de la sève issue du caoutchoutier. Cette protéine, très peu dénaturée au cours de la fabrication du préservatif, rend les risques d’allergie plus importants.

Dans le cas de l’allergie aux préservatifs en latex, c’est au moment des rapports sexuels incluant l’utilisation d’un préservatif que se manifesteront les symptômes. On constate souvent que les personnes allergiques au latex réagissent aussi de façon similaire en consommant certains fruits comme le kiwi ou la banane, dont les protéines sont assez similaires.

Allergie au latex : quels symptômes ?

Selon le degré de sensibilité à la protéine, les réactions allergiques peuvent varier de façon considérable.

On peut noter l’apparition :

  • De rougeurs, d’eczéma sur la peau en contact avec le latex et/ou de démangeaisons ;
  • D’irritations des yeux et/ou de larmoiements importants ;
  • D’une toux, d’une sensation de gonflement dans la gorge et/ou d’une difficulté respiratoire.

Dans les cas les plus sévères, la réaction allergique peut générer :

  • De l’asthme ou un œdème du larynx ;
  • Un choc anaphylactique pouvant entraîner une perte de conscience.

Lors de l’utilisation de préservatifs en latex, les réactions sont bien heureusement souvent bénignes. La réaction cutanée et l’irritation de la peau en contact avec le latex restent les réactions les plus fréquentes. Elles vous permettront de déceler une allergie au latex assez facilement.

Les préservatifs sans latex : une solution contre les allergies

Les sujets allergiques au latex ne pourront pas utiliser de préservatifs classiques sans subir de réactions plus ou moins désagréables. Heureusement, en cas d’allergie, il existe des alternatives pour améliorer la qualité des rapports sexuels : le préservatif sans latex.

Les préservatifs à base de polyuréthane

Parmi les préservatifs dépourvus de latex, certaines marques utilisent notamment le polyuréthane. Ce matériau synthétique permet de produire des produits très fins, sans odeur et résistants. Il est quasiment indéchirable et assure de ce fait une protection avérée contre les MST et la grossesse. Le polyuréthane est aussi employé pour la fabrication de préservatifs féminins.

Les préservatifs en néoprène

Outre le polyuréthane, il existe un autre type de préservatif sans latex : le néoprène, une matière qui remplace aussi efficacement le latex grâce à sa résistance. Il s’agit d’un type de caoutchouc synthétique créé par polymérisation et qui présente une grande légèreté ainsi qu’une bonne élasticité. Notez toutefois que cette matière, à l’instar du polyuréthane, est plus chère que le latex.

Les préservatifs en latex déprotéinés

Grâce à de nombreux lavages de la sève lors de la production de ce type de latex, la teneur en protéines allergisantes est fortement diminuée et limite de ce fait les risques d’allergie. Ce type de produit est adapté pour des personnes présentant de petites allergies au latex se manifestant par des irritations cutanées et des rougeurs peu sévères. En cas de forte allergie au latex, il est déconseillé de les utiliser.

Quoi qu’il en soit, si vous soupçonnez une allergie au latex, consultez un médecin. Celui-ci saura vous conseiller quant aux produits à utiliser et pourra vous prescrire des médicaments pour soulager ces réactions.

Les trois points clés à retenir pour minimiser les risques d’allergie avec les préservatifs sans latex :

  • Le latex est une matière naturelle issue de l’arbre Hevea brasiliensis, ou arbre à caoutchouc ;
  • L’allergie au latex, notamment à celui présent dans les préservatifs, n’est pas rare ;
  • En cas de réactions allergiques problématiques, il est possible de remplacer les préservatifs classiques par des préservatifs sans latex ou déprotéinés.
A propos de l'auteur
Paul Musset
Paul Musset
Docteur en pharmacie
Diplômé d’un doctorat en pharmacie de l’université de Reims, Paul Musset est passionné de médecine naturelle et de nutrition sportive. Il vous accompagne dans « Mon journal bien-être et beauté » en vous prodiguant ses conseils santé et bien-être.
Les traitements antichute de cheveux efficaces ◀◀
Lait d’ânesse : 5 propriétés pour une peau digne des plus grandes reines de beauté ►►