Aromathérapie :
petit guide pour les débutants

Ecrit par Paul Musset, Docteur en pharmacie | publié le | mis à jour le 04/05/2020

Aromathérapie : petit guide pour les débutants

L’aromathérapie, considérée comme une branche de la phytothérapie, utilise les composés aromatiques issus des plantes – ou huiles essentielles – pour prévenir et soigner. Voici un guide pour en savoir plus sur cette médecine douce et ses bienfaits.

L’aromathérapie : définition et spécificités

Qu’est-ce que l’aromathérapie ?

L’aromathérapie correspond à l’utilisation des extraits aromatiques des plantes (huiles essentielles) à des fins thérapeutiques.

Comment les huiles essentielles sont-elles élaborées ?
Les huiles essentielles sont principalement réalisées par distillation à la vapeur d’eau. Celle-ci traverse une cuve contenant les végétaux et se charge de leurs molécules aromatiques. La vapeur enrichie d’huile essentielle traverse un serpentin où elle refroidit et se condense. L’huile essentielle se sépare de la phase aqueuse par différence de densité. Elle est alors recueillie dans l’essencier.

L’aromathérapie dans l’histoire

Le mot aromathérapie vient de René-Maurice Gattefossé, qui découvrit les propriétés de l’huile essentielle de lavande lorsqu’il eut à soigner une brûlure à la main. Avant lui, aromathérapie et phytothérapie étaient deux domaines similaires. La distillation des plantes était en effet déjà pratiquée en Égypte et en Grèce dans les premiers siècles avant J.-C.

Spécificité de l’aromathérapie par rapport aux autres médecines douces

La phytothérapie et l’aromathérapie ont pour point commun de « soigner par les plantes ». Cependant, la phytothérapie utilise différents procédés (tisanes, poudres, onguents…) pour exploiter les qualités médicinales des plantes, alors que l’aromathérapie utilise seulement les huiles essentielles. Ainsi, l’aromathérapie est considérée comme une branche de la phytothérapie. Au même titre que l’homéopathie, l’aromathérapie fait partie des médecines douces.

Quelle différence entre huiles essentielles, eaux florales et hydrolats ?
Les hydrolats sont des eaux chargées de composés aromatiques issus de la plante. Ils sont obtenus en même temps que les huiles essentielles lors de la distillation des plantes à la vapeur d’eau. L’hydrolat correspond à la phase aqueuse récoltée à la sortie de l’alambic à la fin de la distillation. Les hydrolats sont parfois appelés « eaux florales » quand la partie de la plante distillée est une fleur.

Les utilisations curatives des huiles essentielles

Modes d’utilisation

Les huiles essentielles peuvent être utilisées par voie interne, externe ou aérienne.

  • Par voie interne : les huiles essentielles sont très efficaces, mais les dosages et les contre-indications doivent être scrupuleusement respectés. Elles doivent être obligatoirement être diluées avec du miel, un sucre, de l’huile végétale ou à de la mie de pain. Elles ne se diluent pas dans l’eau. En pharmacie ou parapharmacie, on peut acheter des capsules gastro-résistantes, des suppositoires ou des ovules.
  • Par voie externe : on peut utiliser certaines huiles essentielles en les diffusant à travers la peau. Elles seront généralement associées à une huile végétale, une cire, un onguent, une crème ou un lait corporel.
  • Par voie aérienne : en aromathérapie, l’utilisation d’un diffuseur d’huiles essentielles est très courante. L’huile essentielle diffusée dans l’air est alors absorbée par les voies respiratoires et arrive au cerveau. Là, elle exerce son action thérapeutique psycho-émotionnelle. Il existe des diffuseurs à soufflerie en verre, à ventilation, en porcelaine à diffusion électrique, à diffusion passive (poterie poreuse) et à chaleur.

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Vertus selon les huiles essentielles

Parmi la quarantaine d’huiles essentielles courantes, on dénombre près de 80 propriétés. Les huiles essentielles peuvent avoir une action directe sur des agents pathogènes (bactéricide, antifongique, antivirale…). Elles peuvent aussi avoir des fonctions physiologiques spécifiques (effets semblables aux œstrogènes par exemple) et des actions sur le métabolisme (système neuro-végétatif par exemple). Ainsi, les vertus sont variées : anti-inflammatoire, stimulante, antispasmodique, antalgique, cholérétique, anti-prurit, antivirale, dépurative, calmante, sédative, tonique, aphrodisiaque, antidépressive…

Aromathérapie : que disent les études scientifiques ?

Des parutions scientifiques prouvent de plus en plus l’efficacité de l’aromathérapie notamment pour certaines affections :

  • L’huile essentielle de lavande aurait un effet important pour améliorer le sommeil, réduire le stress, l’anxiété et la dépression grâce notamment à ses actions sédatives et calmantes ;
  • L’hypertension serait aussi réduite grâce à l’utilisation d’huiles essentielles favorisant la baisse du stress et de l’anxiété : un mélange de lavande vraie, de marjolaine, d’ylang-ylang, d’orange amère et de néroli ;
  • Le diabète de type 2 : les huiles essentielles de cumin et de cannelle ont un effet hypoglycémiant notamment qui permet un contrôle de la glycémie ;
  • L’huile essentielle de géranium rosat aide aussi à lutter contre les infections urinaires et des massages à base d’huile essentielle de lavande diluée dans une huile végétale aident à réduire les effets de la ménopause ;
  • L’huile essentielle de niaouli permet de limiter les effets secondaires de la radiothérapie ;
  • Les infections nosocomiales en milieu hospitalier sont aussi réduites grâce aux actions antivirales, antifongiques et antibactériennes des huiles essentielles d’arbre à thé, d’origan, de clou de girofle et de cannelle.

Aromathérapie : quelles précautions prendre ?

Dosage, dilution, mode d’utilisation

Les huiles essentielles étant puissantes et irritantes, il est indispensable de veiller à les utiliser selon les recommandations faites par les fabricants ou les spécialistes. Elles doivent être systématiquement diluées en cas d’usage externe (huile végétale, crème, onguent…). Certaines d’entre elles ne doivent pas être diffusées dans l’air et d’autres ne doivent en aucun cas être ingérées régulièrement ou à forte dose.

Risques et effets secondaires

Les huiles essentielles étant très concentrées en éléments chimiques actifs, elles peuvent présenter des dangers. Il faut les utiliser avec précaution, surtout pour les enfants de moins de 10 ans et les adultes potentiellement fragiles (femmes enceintes ou allaitantes, personnes âgées, épileptiques, asthmatiques…).

Certaines huiles essentielles peuvent être très irritantes pour la peau si elles ne sont pas utilisées correctement. Elles peuvent dans certains cas être photosensibilisantes : les substances contenues dans les huiles essentielles seront activées par les rayons solaires et deviendront irritantes, voire toxiques pour la peau. Il ne faudra donc pas exposer sa peau au soleil après application de l’huile essentielle.

Des réactions allergiques peuvent aussi survenir, il est donc essentiel de procéder à un test en appliquant une petite quantité sur la peau avant usage normal.

Les huiles essentielles contenant des phénols et des cétones sont irritantes pour les voies respiratoires et ne doivent donc pas être diffusées. Enfin, les cétones absorbées par voie orale à forte dose et sur de longues périodes peuvent avoir l’effet de poisons.

L’usage important et répété de certaines huiles essentielles peut avoir des effets hépatotoxiques et neurotoxiques.

Les cétones, des molécules potentiellement toxiques
Les huiles essentielles contenant des cétones doivent être utilisées avec parcimonie et certaines ne devront en aucun cas être absorbées par voie orale. Parmi les huiles essentielles contenant des cétones, les plus neurotoxiques sont la sauge officinale, le thuya, l’Achillée ligustra, le cèdre Atlas, toutes les espèces de menthes, l’eucalyptus à camphre, l’eucalyptus à pipéritone, l’eucalyptus camaldulensis, l’eucalyptus globulus, à cryptone, la lavande aspic, la lavande stoechade et le romarin camphré.

De manière générale, les huiles essentielles ne doivent pas être utilisées pures. En cas de doute, il est recommandé de consulter un aromathérapeute ou un pharmacien spécialisé.

L’aromathérapie utilise les huiles essentielles de diverses manières et permet de soulager de nombreux maux. Stress, infection urinaire, diabète, dérèglements hormonaux… Les huiles essentielles possèdent des vertus capables parfois de traiter certaines pathologies ou d’agir en synergie avec les traitements classiques.

Les trois points clés à retenir sur l'aromathérapie :

  • L’aromathérapie utilise les huiles essentielles par voie interne, externe ou aérienne à des fins médicinales ;
  • Les huiles essentielles ont des vertus multiples et puissantes capables de soulager de nombreuses douleurs ou pathologies ;
  • Il convient de les utiliser avec prudence : les risques et effets secondaires peuvent être importants du fait de la puissance des composés.
A propos de l'auteur
Paul Musset
Paul Musset
Docteur en pharmacie
Diplômé d’un doctorat en pharmacie de l’université de Reims, Paul Musset est passionné de médecine naturelle et de nutrition sportive. Il vous accompagne dans « Mon journal bien-être et beauté » en vous prodiguant ses conseils santé et bien-être.
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